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Test astro du boîtier Nikon D7000...

Test astro du boîtier Nikon D7000...

24 juillet 2012 Commentaires: (0) astrophotographie skywatcher, d7000, astronomie, nikon

C'était prometteur, certains tests révelaient la capacité du boîtier D7000 de Nikon à fournir de vrais fichiers RAW. Enfin !

On sait que les boîtiers Canon prédominent dans le monde de l'astronomie amateur. Ce n'est pas pour rien. En effet, Nikon n'a pas été capable jusque-là de produire de boîtier bon marché capable de fournir de vrais images brutes. Tous filtres antibruit débraillés, le firmware Nikon procède à un prétraitement, destiné à réduire le bruit thermique, avant d'enregistrer le fichier RAW sur la carte SD. En astrophotographie, tout prétraitement est à bannir. Le bruit thermique est éliminé par la suite, par méthode de soustraction, à l'aide de logiciels dédiés (personnellement j'utilise Iris). Après avoir photographié l'objet en plusieurs longues poses successives, on effectue une série de poses dans le noir (obturateur en place), dans les mêmes conditions de température, avec le même temps de pose et la même sensibilité. Ces poses sont appelées des "darks". Cette procédure est destinée à capter le bruit thermique pour ensuite le soustraire de la photographie. Avec le prétraitement des firmware Nikon il est donc impossible d'obtenir des images correctes du champ profond car on ne peut pas capter le bruit thermique réel du capteur.

La bonne nouvelle, c'est que ce prétraitement, qui semblait si cher à Nikon, à bel et bien disparu sur le D7000. C'est pour cette raison que je décidais donc récemment d'acquérir ce nouveau boitier. Dès réception, je teste l'engin pour être certain de ce fait. La procédure est assez simple. Il suffit de désactiver les filtres antibruit et iso et d'effectuer une pose très longue avec le cache sur l'objectif (5 minutes à 800 ISO par exemple). Ensuite on active le filtre antibruit et on refait une pose longue. Lorsque le filtre antibruit est activé, l'appareil effectue lui-même un dark. À la fin de la pose l'afficheur LCD indique "on job" pendant une durée égale au temps de pose. C'est à ce moment qu'il faut éteindre l'appareil, ce qui l'empêche d'effectuer le traitement (cette technique est couramment appelée "mode 3"). On obtient ainsi de manière certaine une vraie image brute. Une fois ces deux images effectuées, il s'agit de les comparer. Si un traitement numérique est appliqué par le firmware, la première image devrait présenter moins de pixels chauds que la seconde. Bonne surprise ! Sur le D7000 les deux images sont complètement identiques. Autre bonne surprise, le bruit thermique est beaucoup plus faible que sur mon ancien D90.

Des images valent mieux que mille mots. Comparons :

Je profitais donc d'une nuit de nouvelle lune pour tester mon nouveau boîtier en astrophotographie. Le test fut effectuer en condition un peu extrême. En effet, l'absence d'autoguidage sur mon télescope m'oblige à ne pas dépasser 30 secondes de pose unitaire. Qu'à cela ne tienne, je monte la sensibilité à 2200 ISO (même pas peur), je pointe l'amas globulaire M22 dans la constellation du sagittaire, et c'est parti pour 10 poses de 30 secondes à la va-vite. L'amas M22 est assez bas, à environ 22° de hauteur vers le Sud, ce qui n'arrange pas mon affaire. Mais avec une magnitude de 5,1 l'objet est assez lumineux pour être repéré et capté facilement. Une fois les poses effectuées, quelques poses tube obturé pour les darks, une dizaine de PLU (plan de lumière uniforme) à la lumière des phares de ma voiture, une dizaine d'offsets au 8000ème, et c'est dans la boite. Au premier visionnage, les clichés ne m'ont pas parus mal du tout. Et en effet, de retour au bercaille, la surprise fut bonne. D'abord la qualité d'image est étonnante à cette sensibilité. Le bruit ISO et le bruit thermique sont bien contenus et l'objet est nettement visible sur les images brutes. Je sélectionne donc les 5 meilleurs images (rappelons que je n'ai pas de suivi automatisé et que bon nombre de mes prises de vue contiennent du flou bougé). L'assemblage s'effectue sous Iris... je vous passe les détails. Un peu de traitement cosmétique sous Photoshop et voici le résultat :

m22b

Une image d'une étonnante qualité pour un temps de pose aussi court et une sensibilité ISO aussi élevée...

Conclusion : mon D7000 est fantastique !

Lu 6844 fois Dernière modification samedi 13 avril 2013 20:31
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